Académie resonances francophones

Dans «Le Maître de Santiago» Henri de Montherlant nous disait déjà que : «… Des conquêtes de territoires ? Cela est tellement puéril… Et tellement absurde… Que vouloir changer quelque chose dans les territoires conquis, quand il est si urgent de réformer la patrie elle-même, c’est comme vouloir changer quelque chose dans le monde extérieur, quand tout…

Dans «Le Maître de Santiago» Henri de Montherlant nous disait déjà que : «… Des conquêtes de territoires ? Cela est tellement puéril… Et tellement absurde… Que vouloir changer quelque chose dans les territoires conquis, quand il est si urgent de réformer la patrie elle-même, c’est comme vouloir changer quelque chose dans le monde extérieur, quand tout est à changer en soi. Et tellement vain».

Au moment où il n’est plus question, pour notre pays, de conquêtes de territoires, mais d’abandon pur et simple depuis de trop nombreuses années des valeurs originelles qui en ont fait la référence et la force,… Alors cette citation prend tout son sens, en nous rappelant à plus de responsabilité envers nos concitoyens, envers toutes celles et ceux qui ont déjà choisi notre pays. A nous poser peut-être plus simplement la question des raisons de ce choix pour la France, par des millions d’âmes, des millions de déshérités, pour la plupart issus de nos anciennes colonies.

Probablement, plus urgent qu’il n’y paraît de remettre au goût du jour, en dehors, mais surtout dans nos frontières, les valeurs de la «Francophonie», pour que celles et ceux qui en sont issus mesurent la chance qu’ils ont à être aujourd’hui Français. Concevoir une nouvelle «Résonance Francophone» pour que ces derniers, s’ils optent pour le choix de la France comprennent la mesure de leur engagement, fait en premier lieu d’obligations et de devoirs envers la patrie. Mais aussi pour rappeler, à d’autres, que si l’on est capable d’être reconnu Français quand on meurt pour défendre ce pays, comme lorsque l’on marque les buts qui vont la faire championne du monde, on a droit à d’autres égards, à une autre reconnaissance. Accepter, une bonne fois pour toute que finalement nous sommes tous des enfants d’immigrés, qu’il suffit d’entrouvrir les pages jaunes d’un annuaire pour savoir qui entreprend en nombre en France…

En fait n’est-il pas temps de rendre ses lettres de noblesse, de redonner une nouvelle force, à la Francophonie en dehors de nos frontières, mais aussi et surtout dans nos quartiers.

Oui, aujourd’hui où l’immigration est pour notre pays un défi à relever, tant humaniste, qu’économique voire technique et juridique, n’est-il pas temps de la replacer au cœur de la cité pour rappeler aux aigris de tous poils que savoir parler le français, la langue de Molière, de Victor Hugo, cela se mérite, et que rien ne peut s’envisager sans ce préalable.

Bien sûr qu’il est louable de vouloir la faire résonner sur les 5 Continents, et même d’en concevoir ainsi des conquêtes de «territoires d’influences», mais force est de reconnaître qu’elle ne suffit plus à en faire l’élément susceptible de révéler la fierté d’appartenance. Aujourd’hui qui parle français, même dans nos frontières n’en consent pas pour autant la force d’engagement qu’il devrait naturellement en découler. Avec pour aboutissement le sentiment d’appartenir à une même communauté qui naît du partage de valeurs communes. Car depuis de trop nombreuses années, on a cru et surtout fait mine de croire, comme Onésime Reclus le pensait que : « Dès qu’une langue a «coagulé un peuple», tous les éléments «raciaux» de ce peuple se subordonnent à cette langue» ; que la langue faisait en fait le peuple «lingua gentem facit».  Omettant, là comme ailleurs, de remettre au goût du jour dès le plus jeune âge, son sens linguistique, géographique, spirituel et surtout institutionnel sans lequel rien n’est possible. Susciter la prise de conscience : qu’elle ne soit pas seulement un discours conçu dans notre pays pour sensibiliser des anciennes colonies à cette notion de lien commun. Ne soit pas aussi, et seulement, comme certains l’ont voulu un temps, l’édification d’un «Commonwealth à la française» qui aurait évité l’émiettement qui guette l’Afrique francophone, en aménageant des liens privilégiés avec l’ancienne métropole. Non, il est temps de prendre conscience que la Francophonie ne peut vivre sa véritable dimension dans le monde, si on en oublie que sa résonance prend justement sa force dans l’Hexagone. Si la langue est le ciment entre les Hommes, car elle permet d’aller au-devant de l’autre, rien ne peut se construire sans travail, sans la volonté de se surpasser, sans le respect, sans le désir de partager un idéal.

Ne plus douter que nous sommes tous porteurs de ce message humaniste inspiré par la Francophonie ; celui qui doit relier les Hommes autour de valeurs qui font de la France un modèle à suivre dans bien des domaines. On ne peut prétendre montrer l’exemple en dehors de nos frontières si ici dans nos villes, dans nos quartiers, ceux qui ont fait le choix de notre pays, de nos coutumes et règles peuvent encore se sentir étrangers dans nos frontières.

La France du troisième millénaire reste encore à imaginer, à bâtir ; là, par sa dimension multiculturelle, multiconfessionnelle ; ici, avec la  Francophonie qui doit en être le socle prometteur d’un monde nouveau. Un élan responsable au sein de nos frontières pour faire de chacun de nous un acteur à part entière, son meilleur ambassadeur en dehors de son espace originel. 

Et même s’ils ne sont qu’une minorité de «braillards» à ne pas respecter le pays qui a donné à manger à leurs pères, leur a permis de trouver avec dignité leur place dans la société et plus, garantir à leurs enfants les meilleures chances de s’épanouir, ici en France ; même si on a bien du mal à comprendre qu’il n’y ait personne pour mettre les points sur les «i» à tous ces perturbateurs, dont les propos et actes agressent en permanence notre dignité nationale. Perturbateurs, que l’on ne calmera pas avec des subventions qui ne satisfont que le fond de commerce dont ils se nourrissent allègrement en compagnie d’extrémistes de tous poils. 

Et même s’il est grand temps de rappeler à tous, que si l’on ne peut interdire à l’Homme de voyager, l’on se doit quand même de lui imposer aussi, que là où il pose son pas, son baluchon, il se doit d’en respecter les us les coutumes, les valeurs et traditions. La France doit rester ce qu’elle a toujours été, une terre d’asile, un rêve d’avance à partager, pour les plus déshérités, mais n’oublions jamais de notre impérieux devoir de la respecter, comme le rappelle la FRANCOPHONIE… L’ont encouragé et défendu ses Pères Fondateurs » : le sénégalais Léopold Sédar Senghor, le tunisien Habib Bourguiba, le nigérien Hamani Diori et le Prince Norodom Sihanouk, du Cambodge, 

André-Jérôme Gallego Président


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